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Une impression de déjà-vu .

Une odeur asphyxiante.
Un couloir à la lumière blafarde, maladive, habité par un sinistre silence, que tu auras déserté la première.
Une rambarde à laquelle tu t'agrippes, chancelante. Sourire aux lèvres. Poumons au bord des lèvres. Une énième cigarette les transperce. Ils ne sentent plus la brûlure de ta Gauloise qui les consume. La douleur, apparemment éteinte, vit insidieusement en toi, comme tu agonises en elle. Fusion mortelle. Fatale union, lente incandescence à laquelle tu t'es volontairement vendue, pleinement consciente qu'un jour la Mort finirait par embraser ton cadavre disloqué . Tu ne ressens plus rien. Pas même l'once d'un de nos regards,de nos mots, ni même l'ombre de notre présence. Un sourire béat, presque innocent. Le regard vide, altéré. Rongé par une inéluctable mort qui te submergera tout à fait. Sénilité précoce. Défaillance d'un cerveau pompé jusqu'à la moelle, desséché. Assoiffé d'un air dont il ne pourra désormais plus s'abreuver, il tente mécaniquement de se réapprovisionner en oxygène, puis se rétracte, éreinté par un effort vain, mais invariable. Inlassable mouvement d'un organe harassé qui aspire toujours un peu plus de cet air vicié, cette indéfectible mort. La Fatidique te nargue, te menace et tu ne la perçois même pas.
Profusion de cellules maladives, en constante prolifération. Cercle vicieux. Cercle infernal.
Tu attends, sans attendre, tu passes ton temps à ne plus le discerner, à te laisser naïvement bercer par une mort qui se nourrit de ta vie. Tu ne sais plus pour quelle raison tu déambules dans ce couloir morbide, puisque la Raison en elle-même, tu l'as définitivement perdue.
Ton haleine répand cette écoeurante mort partout autour de toi. Une nausée refoulée (comme tant d'autres). De furieux hurlements qui m'entaillent le gosier à force de les confiner dans ma poitrine rageuse.
Ta main squelettique qui m'empoigne le bras avec virulence. Maintes expressions que ton regard empli d'un immuable marasme, tente stérilement de me faire comprendre. Une vive irritation qui transparaît dans le sifflement de ta respiration. Soupirs agonisants, râles languissants. Pupilles dilatées, traduisant ton exaspération. Puis ce perpétuel abandon auquel fatalement tu dois te soustraire, excédée de réaliser que nous sommes des abrutis, incapables de comprendre ce que tu articules douloureusement depuis une dizaine de minutes, en vain.



Seuls sur nos cendres en équilibre
Mes poumons pleurent, mon c½ur est libre...

Déchéance partagée. Merci pour ta générosité, Génitrice.


Vous pouvez la retrouver
Une impression de déjà-vu .

# Posté le jeudi 28 août 2008 10:31

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