On cherche tous notre chemin parmi le flux des hommes. Certains guideront les voiles de leur navires de port en port, en arrivant à trouver le coin parfait, ni trop profond ni pas assez, ni trop au soleil ni trop à l'ombre. Le petit coin qui ferait qu'ils seront heureux, qui ferait que le fait d'ouvrir les yeux le matin leur suffira.
Nous sommes tous avec notre bateau, nos voiles et notre gouvernail. Certains doivent transporter plus de poids que d'autre, certains navigueront avec de bons vents, certains subiront les tempêtes qui les feront chavirer, alors eux, devront trouver la force de s'en remettre et de se reconstruire un bateau avec une coque plus solide, avec des voiles plus grandes et un plus gros gouvernail.
Et si cela n'était pas possible ? Et s'il n'existait pas de coque solide et s'il était impossible d'être réellement protégé ?
Alors moi je prendrais mon bateau et je naviguerais nuits et jours pour trouver ce petit coin, ce petit coin ni trop au soleil ni trop à l'ombre, ni trop profond ni pas assez, et j'amarrerais mon bateau. Je regarderais le soleil le matin, je le regarderais car lui éclaire tout, ma force et mes faiblesses, ma peine et ma joie, mes yeux et mes cicatrices. Ne croyez pas que je dormirais la nuit, non, je regarderais la lune, elle si belle, qui éclaire la pénombre, elle qui m'aide à trouver des réponses à mes questions, celle qui éclaire mes plus beaux moments de lucidité.
Alors je crois, que le jour où j'aurais trouvé l'endroit où mon bateau aura trouvé sa place, alors ce jour-là, je m'arrêterais de dormir.